Au temps de Camille Claudel, être sculptrice à Paris

Jusqu'au 4 janvier 2026

Exposition temporaire

Au temps de Camille Claudel, être sculptrice à Paris
Jusqu'au 4 janvier 2026

Exposition temporaire

Depuis sa redécouverte dans les années 1980, Camille Claudel a inspiré de grandes expositions monographiques. Sa renommée est aujourd’hui telle qu’elle pourrait laisser croire, à tort, qu’elle était la seule femme sculpteur de son époque. Pourtant, autour de 1900, bien d'autres ont suivi le même chemin qu’elle et, malgré les obstacles liés à leur condition de femme, se sont illustrées dans le domaine de la sculpture.

À l’automne 2025, ces sculptrices de premier plan sortent de l’ombre ! Une exposition coproduite par le musée Camille Claudel, le musée des Beaux-arts de Tours et le musée de Pont-Aven réunit les créations d’une vingtaine d’entre elles : Charlotte Besnard, Marie Cazin, Madeleine Jouvray, mais aussi Jessie Lipscomb, Agnès de Frumerie ou encore Anna Bass, Jane Poupelet et bien d’autres. Françaises ou étrangères, souvent filles ou épouses d’artistes, elles ont été les camarades d’atelier, les amies, ou parfois les rivales de Camille Claudel. Certaines l’ont précédée, d’autres lui ont succédé.

À quelles formations artistiques les femmes avaient-elles accès en ce tournant du XXe siècle ? Quelles stratégies les sculptrices ont-elles déployées pour se faire une place dans ce milieu dominé par les hommes ? Quelles relations Camille Claudel a-t-elle entretenues avec ses contemporaines ? Et quels rôles occupaient ces artistes au sein de l’atelier d’Auguste Rodin ? Autant de questions éclairées par l’exposition.

 

En savoir plus 

 

  Cette exposition, proposée en partenariat avec le musée des Beaux-arts de Tours et le musée de Pont-Aven, a reçu le label « Exposition d'intérêt national » du ministère de la Culture

 

Informations pratiques

Lieu : Horaires & Tarifs :

Horaires 

Du 13 septembre  au 31 octobre
Du mardi au dimanche de 10h à 18h

Du 2 novembre au 4 janvier 
Du mercredi au dimanche de 10h à 17h

 

Tarif  

Plein tarif : 10 €

Tarif réduit  (titulaires de la carte famille nombreuse, seniors + de 60 ans) : 6 € 

Gratuité : étudiants et jeunes de moins de 26 ans, personnel scientifique des musées, titulaires du Pass Education, d'une carte ICOM, de presse, ou du ministère de la Culture, demandeurs d’emploi, bénéficiaires du RSA ou du minimum vieillesse, mutilés de guerre, visiteurs en situation de handicap et le 1er dimanche du mois pour les individuels, 

Billetterie À télécharger : dossier de presse

L'Abandon

<i>L'Abandon</i> <i>L'Abandon</i>

L'Abandon

vers 1886 H. 42,3 cm • L. 39,1 cm • Pr. 20,5 cm Origine : achat à Reine-Marie Paris en 2008 N° d'inventaire : 2010.1.23 Copyright : Marco Illuminati

Fonte Eugène Blot n°2, 1905


Cette sculpture en bronze est un petit modèle édité en 1905 par le fondeur et collectionneur Eugène Blot d’après un groupe réalisé par Camille Claudel entre 1886 et 1888, alors qu’elle travaillait dans l’atelier d’Auguste Rodin. Cette version a été légèrement revue par rapport au plâtre plus grand que nature qui fut exposé en 1888 au Salon des artistes français sous le titre Sakountala et qui obtint une mention honorable. L’homme est agenouillé, il soutient la jeune femme qui est debout. Celle-ci replie son bras droit pour cacher son sein, s’appuie sur sa jambe gauche. Le reste du corps se relâche, la femme s’abandonne entièrement dans les bras de l’homme. Les visages sont proches, il semble murmurer à son oreille ou prêt à lui donner un baiser. La source première, comme l’indique le titre du plâtre, est un drame écrit au IVe ou Ve siècle par le poète hindou Kalidasa : lors d’une partie de chasse, le roi Douchmanta rencontre la jeune Sakountala. Tous deux tombent immédiatement amoureux mais le roi doit quitter la jeune femme. En gage de son amour, il lui offre un anneau pour lui permettre de se faire reconnaître. Toutefois, victimes d’une vengeance, Sakountala se fait dérober l’alliance et Douchmanta oublie sa fiancée. Il finit par recouvrer la mémoire grâce à un pêcheur qui lui rapporte la bague trouvée dans le ventre d’un poisson. Un doute subsiste sur l’épisode qui a inspiré Camille Claudel. L’artiste a peut-être représenté la rencontre entre les deux amoureux. Il est aussi possible de voir dans cette sculpture le moment des retrouvailles alors que l’amant implore le pardon de Sakountala. Quoi qu’il en soit, cette sculpture dépasse la transcription d’un moment d’une histoire. L’Abandon : le titre de l’édition en bronze, est désormais allégorique, montrant l’importance accordée à la posture de l’amante confiante, qui s’abandonne dans les bras de l’être aimé. Camille Claudel interroge le lien amoureux, ses nuances et ses subtilités. L’enlacement du couple dévoile la ferveur amoureuse. Dans L’Abandon, les corps s’effleurent à peine, soulignant la délicatesse des sentiments.

Étude de main gauche

<i>Étude de main gauche</i>

Étude de main gauche

Vers 1889 H. 4 cm • L. 10,5 cm • Pr. 4,5 cm Origine : achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008 N° d'inventaire : 2010.1.5 Copyright : Marco Illuminati

Entrée dans l’atelier d’Auguste Rodin en 1884, Camille Claudel a travaillé aux principaux chantiers qui occupaient tous les assistants à cette époque : La Porte de l’Enfer, puis Les Bourgeois de Calais. Elle a écrit qu’on lui demandait de réaliser les mains et les pieds, difficiles à sculpter, ce qui manifestait donc la reconnaissance de son talent.

Cette main s’inscrit peut-être dans ce contexte. Elle témoigne du long processus d’élaboration d’une œuvre et comment un détail peut être travaillé isolément jusqu’à obtenir l’effet désiré. Remarquez à quel point l’anatomie de la main est travaillée avec précision et délicatesse, malgré le petit format de cette œuvre. La position des doigts, très réaliste, est tout particulièrement étudiée : cette main parait désigner quelque chose, et les doigts semble s’ouvrir doucement sous nos yeux.

Le fait que cette main ait été tirée en bronze en trois exemplaires montre la perfection de cette étude, ainsi reconnue comme œuvre à part entière. Signée « Camille Claudel » sur la base, c’est une des rares études dont l’attribution soit certaine. En effet, certaines études de Claudel ont été attribuées à Rodin car elles étaient conservées dans son atelier à sa mort : la proximité stylistique des deux artistes était telle à cette période qu’on les distingue difficilement.

Gaulois

<i>Gaulois</i> <i>Gaulois</i> <i>Gaulois</i>

Gaulois

vers 1885 H. 83 cm • L. 31 cm • Pr. 27 cm Origine : Achat en 1993 N° d'inventaire : 1993.2 Copyright : musée Camille Claudel / Yves Bourel

Le Gaulois d’Emile Laporte s’inscrit dans un contexte de profusion de figures de Gaulois en sculpture mais également en peinture, à la fin du XIXe siècle. Le sculpteur utilise l’iconographie propre à la représentation des Gaulois à cette époque : il dote son personnage d’une chevelure abondante, d’une moustache tombante et d’un casque à ailes. Cette image est en partie issue des textes antiques traitant de Vercingétorix et des Gaulois, et plus particulièrement La Guerre des Gaules de César. L’équipement de ce personnage reflète aussi les dernières découvertes archéologiques effectuées sur le territoire, en mélangeant des objets datant d’époques très éloignées dans le temps. Il est armé d’une épée à antennes de l’âge du fer, d’une hache en pierre polie néolithique et d’un casque à crête de l’âge du bronze doté d'ailes fantaisistes. Les chausses souples et moulantes sont de type médiéval. Le succès de l’œuvre reflète la celtomanie qui touche l’Europe depuis la fin du XVIIIe siècle. A cette époque les Gaulois ne sont que les héros disparus d’une histoire lointaine, dont il reste peu de traces visibles. Presque un siècle plus tard, afin de mieux connaître ce passé, Napoléon III entreprend des fouilles à Alise-Sainte-Reine, en Bourgogne, sur le site supposé d'Alésia, dont les découvertes sont exposées au nouveau musée des Antiquités nationales à Saint-Germain-en-Laye.

Grâce aux travaux des historiens, les Gaulois accèdent à une immense popularité vers le milieu du XIXe  siècle, tandis qu’avec son Histoire des Gaulois, Amédée Thierry impose Vercingétorix comme un combattant de la liberté, premier des grands hommes, en somme, de la nation française. Dans cet esprit, Laporte reste fidèle à la représentation classique de la figure du héros, en représentant son Gaulois dans une pose victorieuse.

Visite libre

Samedi 23 mai de 19 h à 23 h

Événement gratuit

Samedi 23 mai de 19 h à 23 h

Événement gratuit

Toute la soirée, découvrez librement la plus grande collection d'œuvres de Camille Claudel ou encore l'exposition Bartholdi, Champollion et le sphinx - monuments publics en débat.

Informations pratiques

Lieu :

Visites flash

Samedi 23 mai de 19 h à 23 h

Événement gratuit

Samedi 23 mai de 19 h à 23 h

Événement gratuit

Avec des étudiants en médiation culturelle de l’université de Troyes, suivez de courtes visites sur des œuvres emblématiques du musée et sur l’exposition Bartholdi, Champollion et le sphinx.

Informations pratiques

Lieu : Horaires & Tarifs :

Durée : 15 minutes
Pour tous, dès 7 ans

Bar à cocktails avec la Distillerie Monceau-Dombrecht

Samedi 23 mai de 19 h à 23 h

Événement gratuit

Samedi 23 mai de 19 h à 23 h

Événement gratuit

Avant ou après votre tattoo (cap ou pas cap ?), entre deux visites, ou simplement pour prolonger la soirée, sirotez un savoureux cocktail.

 

 

Informations pratiques

Lieu : Horaires & Tarifs :
  • Entre 19 h et 23 h, en continu
  • À partir de 18 ans
  • Consommation sur place uniquement. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé.

 

Flash tattoos avec Solar Iink

Samedi 23 mai de 19 h à 23 h

Événement gratuit

Samedi 23 mai de 19 h à 23 h

Événement gratuit

Et si vous vous faisiez tatouer au musée, entouré de sculptures ? Ash, Bad Mouud, Mat' Tattoo et Nicolas Velasco proposent chacun des petits motifs inédits, inspirés de leur univers graphique et des œuvres du musée.​

Informations pratiques

Lieu : Horaires & Tarifs :

 

  • Durée : environ 30 minutes par tattoo
  • À partir de 18 ans
  • Dans la limite des places disponibles (premier arrivé, premier servi !)

 

Le petit bonhomme en terre

Jeudi 5 mars de 10h30

Atelier tout-petits

Le petit bonhomme en terre
Jeudi 5 mars de 10h30

Atelier tout-petits

Dans les salles du musée, notre médiatrice-plasticienne montre au groupe des personnages en relief. Chaque bout de chou façonne ensuite un bonhomme sur une plaque d’argile. Prendra-t-il tout l’espace ou paraîtra-t-il tout petit ?

 

La présence d'un adulte est obligatoire pour les ateliers tout-petits. L'adulte accompagnant y participe gratuitement.

 

 

Informations pratiques

Lieu : Horaires & Tarifs :

Durée : 1 heure

 

Tarif : 5 € par participant
Forfait 15 € pour 4 ateliers

À partir de 3 ans

 

Réservation conseillée 
En ligne

03 25 24 76 34 

Mail
 

Billetterie

La Sirène ou La Joueuse de flûte

<i>La Sirène</i> ou <i>La Joueuse de flûte</i>

La Sirène ou La Joueuse de flûte

vers 1905 H. 53 cm • L. 27 cm • Pr. 34 cm Origine : achat à Reine-Marie Paris de la Chapelle en 2008 N° d'inventaire : 2010.1.22 Copyright : Marco Illuminati

Fonte Eugène Blot, 1905


Camille Claudel a réalisé La Sirène ou La Joueuse de flûte vers 1904-1905. Le fondeur Eugène Blot a acquis le plâtre pour éditer six exemplaires en bronze. C’est l’un de ces exemplaires qu’il est possible d’admirer au musée Camille Claudel.

Une jeune femme d’une grande sensualité, le dos cambré, l’importance des hanches accentuée par des jambes accolées, est assise sur un rocher. Sa main droite effleure une flûte. La tête relevée, la femme approche sa bouche de son instrument mais ne le touche pas. Le souffle semble s’échapper de ses lèvres, laissant imaginer une musique envoûtante. La légèreté des draperies, dans le style Art nouveau, les doigts au fin modelé, accompagnent le mouvement des bras, dans une envolée musicale.

La sculptrice a évoqué cette œuvre dans plusieurs lettres adressées à Eugène Blot. Dans la première lettre, elle propose de lui vendre « une petite faunesse ». Ensuite, dans une autre lettre, elle lui fait part d’une idée pour une version intégrant l’onyx : «  Vous pouvez, si le cœur vous en dit, faire faire une de vos Sirènes avec un rocher en onyx vert (rappelant la mer) ; la flûte en métal brillant. ». Cette version a sans doute été envisagée par Eugène Blot, mais n’a jamais été réalisée.

De la faunesse ou de la sirène, créatures mythologiques, Camille Claudel ne retint pas les aspects monstrueux, mais le lien étroit de chacune à la musique et à la sensualité. La sculptrice n’a-t-elle pas insisté sur l’aspect dangereusement séducteur de la joueuse de flûte susceptible de charmer le visiteur ?